COMMUNIQUÉ DE PRESSE.

Mardi 9 juin 2008
Pollmeier : non à l’instauration d’un monopole anti-écologique dans le Grand Est

Le projet Pollmeier, soutenu par le département des Vosges, menace l’ensemble des entreprises du bois dans le Grand Est et risque d’accélérer la constitution d’un monopole régional néfaste pour l’économie, l’emploi et l’environnement.

Le Conseil général des Vosges présidé par Christian Poncelet veut aider à l’implantation du groupe Pollmeier à Epinal. Il promet la création de 150 emplois.

Entreprendre Vert constate que le bilan global de cette création est une perte nette d’au moins 250 emplois directs et près de 500 emplois indirects dans l’Est de la France.

La création de cette usine, dont la capacité dépasse le bois disponible dans l’Est de la France, suscitera rapidement une multiplication des trajets routiers dans l’Est afin d’acheminer le bois vers Epinal depuis l’Europe orientale (en proie à la déforestation), depuis et à travers les différentes régions Alsace, Franche-Comté, Lorraine... D’un point de vue écologique, c’est le contraire de ce qu’il convient de faire. Deux ans après avoir soutenu un projet pharaonique de bois énergie qui fonctionnait au camion pour une demande locale mal évaluée, le Président du Conseil général des Vosges récidive !

Nous nous interrogeons sur les promesses faites par l’Office national des Forêts aux fabricants de bois, dont Pollmeier, alors que la capacité de ce dernier à Epinal (ZI de Nomexy, la plus grande scierie d’Europe) dépasserait la capacité en bois de tout l’Est de la France. Derrière une promesse de fourniture à tous les fabricants, c’est un risque pour la concurrence et son droit qui se profile.

Nous observons que les collectivités comme le département des Vosges feraient mieux de favoriser l’environnement économique des entreprises du secteur forestier, notamment en investissant dans le fret ferroviaire, la formation, l’écologisation des modes de production, l’amélioration technologique de l’appareil de production,... Le bois est aujourd’hui l’un des secteurs les plus prometteurs pour l’environnement, tant en matière de construction (pour ses qualités isolantes) que d’énergie locale (polygénération, voire gazéification comme dans le Burgenland autrichien*). La forêt elle-même est au coeur d’une option de sortie de crise écologique. Au contraire d’une telle vision vers l’avenir, le Président du Conseil général des Vosges risque de provoquer le dépérissement de tout le secteur du bois dans l’Est et notamment dans les Vosges. Cela priverait nos régions d’un formidable réservoir d’emploi et de savoir-faire pour l’avenir.

Andrée Buchmann, Présidente d'Entreprendre Vert

Frédéric Benhaim, Vice-président d'Entreprendre Vert


*** Dans la commune autrichienne de Güssing, le bois et ses chutes sont employés tant pour la gazéification, procédé unique en Europe.